Le prix de l’art détruit

 

ONPC, art, Banksy, Sotheby's

Trois ans après l’incroyable happening de l’auto-découpage en direct du pochoir «Love is in the Bin» de Banksy, l’œuvre revenait – en l’état – sous le marteau de la célèbre maison Sotheby’s.

Adjugée 1,1 million de dollars en 2018 juste avant de se détruire partiellement, l’œuvre mi-lambeau mi-tableau a cette fois explosé les records pour atteindre la somme de 21,8 millions de dollars !

Rappel des faits

À peine le marteau du commissaire-priseur avait-il retenti, pour adjuger l’enchère à une collectionneuse anonyme, que la peinture s’était mystérieusement animée. Comme une feuille sortant d’une imprimante, la toile avait glissé à travers le cadre, libérant sa partie inférieure découpée en fines lamelles.

Ainsi, la somme déboursée pour acquérir ce « Love is in the bin » version 2.0 fait apparaître un terrible paradoxe pour un artiste aux positions clairement anticapitalistes !

L’art interroge, perturbe, questionne, et c’est pour cela que nous l’aimons, ou pas. Mais d’autres questions surgissent ici, interrogeant sur la valeur économique et matérielle d’une œuvre d’art dans un marché libéral et mondialisé.

Si ce coup de théâtre a fini de consacrer l’artiste – dont l’identité reste incertaine – il démontre le surréalisme dont se pare parfois le marché de l’art. Alors coup de génie ou arnaque ? Vous avez deux heures !

INVADER : ils sont là…

Dans les années 2000, un street artiste transpose les pixels numériques de nos ordinateurs sur les murs de nos rues. Son nom ? Invader. Sa première inspiration ? Space Invader, mythique jeu d’arcade né en 1978.

Space Invader, ONPC, Lyon, Street Art

Invader est donc l’un des pionniers du pixel art et son programme d’invasion est particulièrement efficace : en 2021, 3 962 Space Invaders tous différents étaient répertoriés dans soixante-dix-neuf villes du monde, dont 48 à Lyon !

Ses œuvres ne sont pas posées au hasard. Invader choisit ses emplacements selon divers critères qui peuvent être esthétiques ou tactiques. L’artiste dit préférer les sites où la fréquentation est élevée, mais ne néglige pas pour autant des sites urbains plus isolés : « Un bon spot est comme une révélation… il saute aux yeux. » Il se voit comme un « acupuncteur urbain ».

Depuis ses débuts, Invader a élargi sa palette de sujets, de Star Wars à la Panthère Rose en passant par Dr House ou Homer Simpson. Il a aussi inspiré la relève avec le Lyonnais In The Woop qui s’inspire lui aussi des jeu vidéo, ou Mifamosa, qui contextualise le nom des rues avec ses mosaïques à Orléans ou à Lyon (le cornet de frites au-dessus de l’une des plaques du boulevard des Belges, c’est lui).

En conclusion, levez les yeux : une œuvre originale vous attend au détour d’une rue…

Zoo Art Show : le street-art version XXL

ONPC, Lyon, Street Art, Zoo Art

À cause ou grâce à la pandémie, chacun verra midi à sa porte – la plus grande exposition de street-art lyonnaise joue les prolongations. Jusqu’au 1er août le collectif Zoo Art Show garde ses portes ouvertes dans un immense bâtiment de 4 500 m2 signé Tony Garnier, dans le 6e arrondissement.

Vous pouvez compter sur le collectif pour vous en mettre plein les yeux en conviant quelques-uns des street-artistes les plus réputés du monde.

140 artistes ont métamorphosé 21 salles sur 3 étages pour une expérience immersive et sonore avec plus de 150 réalisations. Dans ce feu d’artifice créatif, on retrouve les célèbres Dize, Kalouf, Aero, Dytch66, Soone, Chanoir, mais aussi quelques représentants de la nouvelle vague lyonnaise tels que Solie, Tony Noel ou encore Y?not.

Ce « zoo », joyeux espace de chaos et de désordre, rappelle le caractère instinctif, sauvage et foisonnant de pratiques artistiques et culturelles nées en 1960 dans les rues de Philadelphie et popularisées bien plus tard par Keith Haring, Banksy ou encore Jean-Michel Basquiat.

À voir 4 rue Boileau – 69006 Lyon.

Infos

Calder, Warhol et Koons dans la course

ONPC, Art cars, journee mondiale de l'art, exposition, course
Andy Warhol (1979)

A l’occasion de la Journée mondiale de l’art célébrée hier (et tous les 15 avril), voici un petit focus sur une curiosité bien française : les Art Cars au 24 Heures du Mans.

L’histoire commence avec Hervé Poulain, célèbre commissaire-priseur et pilote amateur à ses heures. En 1975, il engage une BMW 3.0 CLS sur l’épreuve mancelle mais trouve la voiture un peu triste. Pourquoi ne pas la repeindre et solliciter l’un de ses amis, Alexandre Calder ? L’épopée des Art Cars était née.

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Franck Stella (1976)

En 1976, Franck Stella décore une nouvelle voiture du constructeur bavarois, suivi par Roy Lichtenstein en 1977. Cette voiture aura d’ailleurs l’honneur d’être exposée au Centre Pompidou.

Andy Warhol s’attaque au sujet en 1979, mais refuse de travailler sur une maquette. Il peint directement la voiture de grands aplats de couleur avec une idée en tête : l’effet de vitesse fera fondre les couleurs entre elles… Pour Warhol, il s’agit d’une expérience scientifique !

La saga ne s’arrête pas là. La présence d’une Art Cars aux 24 Heures du Mans n’est pas systématique, mais de nombreux artistes se sont prêtés à l’exercice. Citons Lutetia Arman, César, Georges Wolinski, Jeff Koons, Ramzi Adek, ou encore Tobias Rehberger… Le sculpteur Fernando Costa ira jusqu’à fabriquer toute la carrosserie du prototype qui lui était confié !

Preuve de cette fusion réussie entre arts mécaniques et art tout court, ces voitures sont aujourd’hui exposées dans divers musées du monde ou sont la propriété de discrets collectionneurs…

“Playtime” de l’artiste Seth

Né à Paris, Seth commence à s’exprimer sur les murs de sa ville au milieu des années 90.
Il se spécialise très vite dans la réalisation de personnages.

Diplômé de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs, il publie avec Gautier Bischoff en 2000 le livre Kapital, qui reste jusqu’à aujourd’hui le plus gros succès sur le graffiti français. Ils créent ensemble une maison d’édition consacrés aux artistes urbains, Wasted Talent en 2004.

Avant d’être artiste à plein temps, Seth travaille dans les industries créatives : en publicité, dans les dessins animés, dans la bande dessinée. Il peint alors dans la rue pour son plaisir.

À partir de 2003, il part en voyage autour du monde pour échanger avec des artistes issus de cultures différentes, et s’ouvrir à de nouvelles manières de vivre et de peindre en milieu urbain.
Au cours de ses explorations artistiques, Seth a développé une peinture reconnaissable en travaillant souvent sur l’enfance. Une démarche souvent en double lecture mais jamais cynique, une peinture urbaine engagée pour alerter sur l’état du monde et le faire avancer.

Exposition du 06/02 au 11/04/2020 à la Galerie Itinerrance, 24B Boulevard du Général d’Armée Jean Simon, 75013, Paris.

New York

L’exposition « New Work » présente à la galerie Marian Goodman, à Paris, une nouvelle œuvre entre sculpture et architecture de Dan Graham. Le pavillon Neo-Baroque Walkway offre une expérience quasi-psychédélique et met en lumière les liens entre le travail de Dan Graham, celui de John Chamberlain, de Larry Bell et le mouvement baroque.

Galerie Marian Goodman du 07/11 au 11/01/2020

 

“Autour du monde” Hervé Di Rosa

Depuis les années 1990 Hervé Di Rosa voyage les pinceaux à la main et les yeux grands ouverts. Des panneaux de laque au Vietnam au tissage de sequins à Miami, des peintures sur peaux de zébu en Ethiopie, de la céramique Lisboète, du tressage de câbles de téléphone en Afrique du Sud à la sculpture de bois et laiton au Cameroun, l’œuvre entière d’Hervé Di Rosa est une promenade artistique aux quatre coins du monde, le généreux résultat de visions croisées entre son célèbre trait figuratif et les précieux savoir-faire traditionnels.L’exposition-évènement « Autour du Monde» vous promet un dépaysement total et un enthousiasme sans frontières pour les cultures populaires.

Galerie SLIKA du 15 au 24/07/2019

21e édition ART PARIS ART FAIR

La 21e édition ART PARIS s’est tenue ce week-end au Grand Palais.

Rendez-vous incontournable pour les amateurs d’art, cette édition a réuni près de 150 galeries d’art moderne et contemporain pour une mise en lumière de l’Amérique latine. Art Paris cultive sa différence, celle d’être une foire internationale tournée vers la découverte qui met l’accent sur les scènes européennes de l’après-guerre à nos jours, tout en explorant les nouveaux horizons de la création internationale qu’ils viennent d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Amérique latine.

Arty : L’Outsider

L’OUTSIDER

Sur des toiles de préférence de grand format, L’Outsider s’amuse des pleins et des vides, fusionne des espaces de respirations et de tumultes, fait dialoguer le noir charbon avec le blanc étincelant.

Les compositions, dont découle un jeu habile et équili­bré de formes, de lignes droites et de courbes, illuminent en toute subtilité ce moment de l’entre-deux : les contours sont ni tout à fait précis, ni vraiment flous, les aplats aléatoires, incertains, mais les formes quant à elles, restent concrètes.

L’inconnu, l’inattendu, l’invisible, ces valeurs existent chez L’Outsider comme étant des situations impossibles à éviter.